UKRAINE : The Slaviansk Watchmen - Michael Bunel
  
UKRAINE : The Slaviansk Watchmen
Printemps 2014. Dans le sillage de la révolution pro-européenne de Maidan, à Kiev, la Russie annexe la Crimée et des manifestations « anti-Maidan » éclatent dans les bastions industriels du sud et de l’est de l’Ukraine. Très vite, le gouvernement intérimaire ukrainien doit faire face à une insurrection séparatiste armée, aux apparences populaires, mais soutenue en sous-main par la Russie voisine.
Plusieurs villes du Donbass, autour des métropoles minières de Donetsk et de Louhansk, tombent sous le contrôle de milices pro-russes. Parmi elles, Slaviansk, où travaillés par les médias russes contre ce que ces derniers appelle un « coup d’Etat fasciste » à Kiev, des locaux et des paramilitaires russes font de cette petite ville industrielle paupérisée le premier bastion armé séparatiste.
La République populaire de Donetsk est unilatéralement proclamée le 7 avril 2014. Puis les armes se mettent à parler. Les séparatistes organisent leur micro-Etat naissant à Donetsk, tandis que Slaviansk et ses 120 000 habitants sont rapidement cernés par l’armée ukrainienne. Dans une atmosphère de peur et de confrontation, les barricades se hissent et des tranchées sont creusées aux abords de la ville. Des obus commencent à tomber, l’argent vient à manquer dans les banques et la nourriture se raréfie dans les magasins.
La guerre du Donbass ne fait que commencer. Des ouvriers et des chauffeurs de taxis s’improvisent miliciens, la kalashnikov à la main. Mais dans l’ancien bâtiment des services secrets ukrainiens, au coeur de la ville, un quartier général s’improvise, bouillant, inquiétant, secret. Il est contrôlé par Igor Girkine, alias Strelkov, un ancien officier du renseignement militaire russe. Autour de ces hommes très discrets, le commandant « Chef » et ses huit soldats se relaient pour assurer la garde et contrôler tout véhicule se hasardant dans les alentours.
On y mange, on y dort, le centre-ville devient un camp militaire retranché. Une partie de la population acquise à l’idée de ce « printemps russe » vient respirer l’air des barricades, le temps d’un café ou d’une cigarette. Ces civils apportent des denrées, des petites amies viennent prendre la pose. Un quotidien absurde se met en place pour quelques jours, entre vie de quartier et drame naissant.
Le 11 mai, un référendum tenu sous la menace des armes entérinera la création de la République populaire de Donetsk. Depuis, Slaviansk a été reprise par l’armée ukrainienne, mais le Donbass a sombré dans la guerre. En quatre ans, le long d’une ligne de front d’environ 400 kilomètres, la guerre a fait 10 300 victimes, dont 2800 civils. Et les combats continuent. (Par Stéphane Siohan)
Un soldat, poing levé, salue les hommes d'une patrouille qui franchit le check-point sur un char d'assault. Ceux-ci rentre de la ligne de front et viennent se reposer au quartier général situé en ville. 18 mai 2015. Slaviansk. Ukraine.
Un combattant pro-russe se fait raser par une femme, coiffeur civil, alors que le chef de la barricade montre à une jeune recrue comment utiliser un lance-roquettes. 19 mai 2015. Slaviansk. Ukraine.
Trois soldats pro-russes sont sur le qui-vive à l'approche d'un voiture se dirigeant vers le check point principal de la ville. 15 mai 2014. Slaviansk. Ukraine.
A cup full of coffee sits near an eyeglass rifle on one of the barricades of the last checkpoint of the city before the pro-Russian headquarters. May 18, 2014. Slaviansk. Ukraine. Une tasse pleine de caf
Un groupe de soldats pro-russe discutent avant de partir en mission. Ils ont recupéré des vivres qu'ils vont aller redistribuer sur differents check point autour de la ville. 17 mai 2015. Slaviansk. Ukraine.
Moment de détente sur la barricade. Les hommes du blockpost prennet un café tandis qu'un tireur d'élite fixe la lunette de son fusil. 18 mai 2015. Slaviansk. Ukraine.
"Chef", le gradé de la barricade entrain de prendre un repas alors qu'un ami à lui et civil examine un fusil. "Chef" serait un ancien militaire russe, il est en charge de 6 hommes qui surveille en permanence la barricade. 15 mai 2015. Slaviansk. Ukraine.
Un tireur d'elite pro-russe réarme ses chargeurs après une nuit de combat. Il charge en premier une balle traçante afin d'anticiper la fin de son chargeur. Les tireurs d'élites sont reconnaissable à leurs tenues constitué de genouilleres et coudieres pour se protéger lors de planque allongé sur le sol. 18 mai 2015. Slaviansk. Ukraine.
Un soldat montre ce qu'il considere comme une protection pour le combat. Il s'agit d'un petit feuillet de trois pages avec quelques prieres et des icones orthoxes. L'homme, chargé du recrutement des nouveaux venues, lit quelques lignes apres chaque nouvel enregistrement. 18 mai 2014. Slaviansk. Ukraine.
Le chef de la barricade, ancien combattant de l'armée russe d'après le peu d'information qui laisse entendre, arbore un tatouage à la gloire du Donbass, "slava Donbass". 18 mai 2015. Slaviansk. Ukraine.
Vue à travers une barricade d'une voiture s'appretant à franchir le check point principal de la ville de Slaviansk. Dernier block post avant le quartier général pro-russe, l'atmosphere oscille toute la journée entre les moments de détente et les moments de tensions à l'approche notamment de véhicules. 16 mai 2015. Slaviansk. Ukraine.
Deux soldats pro-russes, derriere une barricade, brandissent leurs mains en l'air pour demander à un véhicule de s'arreter. 15 mai 2014. Slaviansk. Ukraine.
check point dans la ville de Slaviansk
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